Brest accueille les déambulations du Chat, le héros de Geluck jusqu'au 5 octobre. Autour de la rue de Siam, 15 statues monumentales interpellent, émeuvent, font réfléchir.
Sur le site de Geluck on peut voir comment les statues sont fabriquées, d'une idée sur papier aux mastodontes de bronze de plus d'une tonne (2 avec le socle), en passant par le fil de fer et la terre glaise.
Avant Brest, le félin est passé par Paris, Bordeaux, Caen, Genève, Monaco, Montreux, Bruxelles, Guérande et Lyon.
Flûte à bec
Beauté intérieure
Obligation préfectorale : les statues doivent résister à des vents à 160 km/h. On ne sait jamais, surtout à Brest !
Sur les Champs-Élysées il a fallu faire des adaptations : elles étaient trop lourdes, sachant que la ligne 1 du métro passe juste en dessous. Le poids maximal y est de 420kg par m². Il a donc fallu utiliser des répartiteurs de charge. Pas de problème de ce genre à Brest apparemment, les débris de la ville pré-seconde guerre mondiale forment un sous-sol solide.
Pour les gens nés à la fin du XXe siècle, comme moi, la plage du Moulin Blanc semble avoir toujours existé. Mais elle est à peine plus vieille que nous ! La plage n'existe que depuis les années 60, quand la grève a été ensablée par des déversements provenant des mines d'étain de Saint-Renan et de dragages à Bertheaume. C'est aussi à cette époque qu'on a construit le port de plaisance.
Avant ça, le Moulin Blanc (où il y a vraiment eu un moulin peint en blanc, sur la rivière du Stang Alar) était un lieu de villégiature, desservi par la route (rue du Moulin Blanc = rue de Verdun actuelle) ou par le train (halte du Rody). En effet, les palissades laissent voir, ou deviner, des maisons cossues.
L'auberge de jeunesse s'y est aussi installée, en 1983.
Puis est venu Océanopolis, en 1990.
Au XXIe siècle, ce sont les énergies marines renouvelables qui ont fait évoluer le site. Le polder a été agrandi pour accueillir les futures éoliennes.
Celui ou celle qui a pensé à mettre des belvédères tournés vers le polder imaginait sans doute que ce serait un lieu très vivant.
Brest y croit toujours, mais pour le moment on ne peut pas dire que ce soit une zone d'activités intenses malgré ces composants.
Pour les archives, on se rappellera qu'en ce 9 juillet il faisait encore 28° à 20h30. La couleur de la végétation ne trompe pas, la sécheresse est bien là.
Ce matin j'ai assisté à un événement exceptionnel : la dernière messe dans une église vouée à la fermeture. L'église en question, c'est Saint-Jean, dans le quartier de Pen ar Creach.
Elle a été bénie le 6 octobre 1956 sous le nom de chapelle Sainte-Bernadette. C'était un édifice provisoire, en attendant de construire une église juste à côté (à gauche sur la photo, il y a un jardin public maintenant). Finalement, l'année suivante, la chapelle devient église paroissiale sous le nom de Saint-Jean.
Elle a été construite en partie au titre des dommages de guerre, en remplacement d'une chapelle Saint-Joseph située rue Duquesne au centre-ville. C'est pourquoi, à la différence des autres églises d'après guerre, elle appartient à la Ville, tout comme Saint-Martin ou Saint-Marc par exemple.
En 1960 la paroisse comptait près de 3000 fidèles. Beaucoup d'eux étaient des syndiqués de l'Arsenal (CGT, CFTC...), on la surnommait donc "Saint-Jean la Rouge".
Mais comme partout, les années 70 voient un grand déclin de la pratique religieuse. En 1998 la paroisse de Saint-Jean intègre l'ensemble Brest-Europe Saint-Benoît avec Saint-Jacques (Dourjacq) et Notre-Dame du Tourbian (Coataudon). 12 ans plus tard, les trois paroisses se séparent et Saint-Jean rejoint Brest au Levant avec Saint Marc, Saint François du Guelmeur et Saint Joseph. En 2017, nouveau découpage, le Finistère ne compte plus que 20 paroisses, une seule pour Brest. Ces dernières années il n'y avait plus qu'une messe par mois à Saint Jean, et aujourd'hui c'était la dernière avant que la mairie ne récupère les clés.
La messe s'est déroulée normalement, puis le prêtre a réuni les enfants devant l'autel. Ils ont rangé les bougies, les fleurs, la nappe puis le prêtre a enlevé la pierre qu'il renfermait, marquant symboliquement la fin du caractère sacré du bâtiment. C'est une pierre carrée plate, on voit son emplacement sur la photo.
Le mobilier et les objets seront répartis dans les autres églises de Brest ou du Finistère, si l'évêque l'accepte. La croix pourrait trouver asile à St-Marc, tandis que les deux seules statues pourraient rester sur place.
Je n'étais jamais entrée dans cette église et n'y étais pas attachée, mais j'ai trouvé que c'était un moment émouvant. Et j'ai hâte de savoir ce que l'avenir lui réservera.
J'ai passé la semaine à Rennes (41,6°) pour faire un stage de langue des signes (expérience formidable, que je recommande à tout le monde). Le centre de formation, Añvol, est situé au sud de Rennes, dans le quartier du Blosne. Je logeais pour ma part dans la partie appelée Sud-gare, pas loin de Brequigny. Voici donc quelques photos des environs.
Commençons pas l'ancêtre : le manoir des Chalais (XVIe) faisait partie de la seigneurie de Brequigny (le château a disparu)
Plus récentes, les maisons en pierres de taille autour de la rue de Châtillon n'en ont pas moins un charme certain.
Plus austère, mais relativement jolie malgré sa destination, la prison des femmes a été construite à la campagne entre 1867 et 1876. Elle est maintenant en plein centre, juste au sud de la gare.
Faisons un bond dans le temps, pour arriver dans les années 70, avec le Parc Alma. L'architecte, Georges Maillols, a doté ses 251 logements de hublots. Un futurisme qui n'a pas hyper bien vieilli, d'après moi.
Plus on s'éloigne du centre, plus les tours et barres sont nombreuses. Mais j'ai trouvé que l'urbanisme avait été plutôt bien pensé, avec des arbres, des cheminements piétons et des parkings souterrains. Les quartiers de Brest me paraissent moins bien réussis de ce côté-là.
Nous arrivons maintenant au XXIe siècle, avec la mairie de quartier. Sa conception a pris en compte les critères écologiques des années 2010. Y faisait-il frais cette semaine ? Je n'ai pas pu entrer pour tester.
Les nouveaux immeubles du sud de la gare. Apparemment le grillage est à la mode à Rennes. Peut-être est-ce pour faire des courants d'air ?
Après toutes ces matières inertes, je vous offre un petit tour au parc de Bréquigny !
Sur les photos on n'entend pas le bruit incessant de la rocade qui le borde. Profitons-en
Judikael a été choqué d'apprendre que jusqu'à ce mois de juin 2026, je n'étais jamais allée à Guingamp. Manquement réparé !
Guingamp, sous-préfecture des Côtes d'Armor, compte 7000 habitants et a obtenu le label "Petite cité de caractère".
La basilique Notre-Dame du Bon Secours a été construite entre le XIIe et le XVIe siècle. Il était trop tard, je n'ai pas pu la visiter.
A gauche, c'est une des façades de la mairie. Un joyau ! C'est un ancien couvent. J'aime le clin d'oeil à Hitchcock juste en face.
Guingamp est traversée par le Trieux, bien mis en valeur par cette passerelle.
Ce faon s'appelle Sitis. Sculpté par Alain Laboile, il fait 5,6m de haut. "Sitis" veut dire "soif" en latin. Ça aide à comprendre la fonction du petit truc devant le cervidé : c'est une fontaine. A 3 niveaux : adultes, enfants, animaux. J'espère qu'elle sert vraiment, parce que, esthétiquement, je trouve qu'elle est beaucoup trop petite. Sitis aura du mal à l'utiliser, son nom lui va comme un gant !
Quand j'ai dit à Judikael un dimanche matin à 8h qu'on allait visiter un temple en ruine, il n'était pas particulièrement enthousiaste. Finalement quand il a vu ce que c'était, il m'a accordé que ça valait le coup !
Cette église romane en grès rose a été construite entre le début du Xe et le début du XIIe siècle. Les experts ne sont pas tous d'accord, mais ce qui est sûr, c'est qu'elle est très vieille, peut-être le plus vieil édifice du Haut Moyen âge visible en Bretagne ! Son modèle pourrait être la rotonde du St Sépulcre de Jérusalem.
Quelle chance de pouvoir la visiter dans la tranquillité du petit matin !
Pourquoi l'appelle-t-on le temple de Lanleff alors que c'est une église ? Sa forme ronde a longtemps intrigué et certains pensaient qu'il s'agissait d'un temple antique. Le nom est resté !
Bien entendu il a subi de nombreuses restaurations pour qu'on puisse l'admirer dans cet état de nos jours.
Lanleff est un village de 120 âmes entre Pontrieux et Plouha.
Le château de la Roche-Jagu est niché dans un méandre du Trieux, dans la commune de Ploëzal.
On est ici dans de la vieille pierre bien solide, du début du XVe siècle.
Il a été construit pour une certaine Catherine de Troguindy, veuve de Maurice Du Parc, écuyer et chambellan de Charles de Blois, prétendant au trône de Bretagne). Le site avait déjà une fonction défensive, il y avait là un autre château, construit par Richard de la Roche-Jagu, brûlé en 1380. (Le château, pas Richard ! Je ne sais pas comment Richard est mort, mais c'était en 1249. Il a eu 3 enfants, Adelize, Prigent et... Vilaine ! A l'époque, rappelez-vous vos cours d'histoire, les vilains c'étaient les paysans libres, en opposition aux serfs. Un peu bizarre comme prénom pour un bébé de la noblesse...)
Je n'ai pas visité l'intérieur, mais le parc vaut largement le déplacement (entrée gratuite).
La vue sur le Trieux, tout d'abord, est magnifique.
Les jardins aussi sont splendides.
J'ai rarement vu une sculpture se fondre aussi bien dans le paysage !
L'étymologie de Pontrieux (Côtes d'Armor) est facile : le pont du Trieux. Le Trieux (Trev) en breton, c'est un fleuve de 72 km qui prend sa source dans le Centre Bretagne et se jette dans la Manche, presque face à l'île de Bréhat. Il marque la frontière entre le Trégor à l'ouest et le Goëlo à l'est.
Pontrieux est donc une ville construite sur les deux rives de la rivière. Jusqu'au XIXe siècle, son pont était le seul qui permettait de la franchir entre Guingamp et la mer. Une aubaine pour le commerce (lin, céréales, bois) !
Et à Pontrieux, les riches ont trouvé une façon très originale de montrer leur opulence : les lavoirs. Oubliez les Rolex ou les Porsches, avoir son lavoir privé était le top du top. Il y en a une cinquantaine en ville, ils ont été rénovés et sont souvent fleuris. Pendant la belle saison il est possible d'embarquer sur une barque électrique pour les admirer (5€/adulte).
Ici le propriétaire avait muni le lavoir d'un étage pour pouvoir s'y installer et écouter les conversations des lavandières.
Ici, ce sont les latrines. Tant pis pour celles qui lavaient le linge en aval !
J'ai apprécié la balade, pour un coût raisonnable. Pas besoin de réservation et, en ce samedi de juin, nous n'avons pas eu d'attente.
C'est l'histoire d'une jeune ado qui voit un petit garçon se faire kidnapper sous ses yeux. Inspirée par son père, un aventurier célèbre, elle décide de se lancer à la poursuite des ravisseurs. Pas facile. Et dans le Triangle d'Or, à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, tout peut arriver !
Comme la première fois, il y a 2 ans, j'ai eu beaucoup de plaisir à écrire et enregistrer cette histoire. Le travail sur l'habillage sonore est vraiment intéressant. Je pense qu'on ressent bien l'atmosphère thaïe. Mais je vous laisse juger !
Je suis passée par Lannion de nombreuses fois, mais je n'avais jamais pris le temps de m'y arrêter. Ce qui est dommage parce que la ville mérite qu'on prenne le temps de la découvrir.
L'étymologie de Lannion ne coule pas de source. On reconnaît aisément "lann", qui désigne un ermitage, mais d'où vient le "ion" ? Il s'agit en fait d'un nom de personne, Iudon en vieux-breton, qui a évolué en i(U)on.
Ce Iudon a peut-être été attiré par la rivière, le Léguer. Pas de quais à l'époque, mais un aber presque à sec à chaque marée basse. Il a quand même permis de faire la fortune de la ville, voyant passer du vin, du sel, des céréales, du bois ou du charbon.
Lannion, qui compte actuellement 20 000 habitants, a gardé quelques belles maisons à colombages.
Jusqu'en 1961 le territoire communal était beaucoup plus petit. Mais, quelques années auparavant, la ville avait été choisie pour accueillir le Centre National d'Etude des Télécommunications. Elle s'est alors avérée trop petite pour accueillir tout le personnel. On a donc fusionné 5 communes (Lannion, Brélévenez, Buhulien, Loguivy et Servel) pour en faire une plus grande (44km2, soit 5 de moins que Brest pour 7 fois moins d'habitants).
J'ai été particulièrement intéressée par la rénovation et la réutilisation du patrimoine religieux.
L'ancien monastère Sainte-Anne (couvent des Ursulines) est un centre culturel et une médiathèque.
Regardez sa porte !
La chapelle ne se visite pas, dommage !
A quelques pas de là, l'entrée de l'ENSSAT (école d'ingénieurs) mêle le nouveau et l'ancien.
La chapelle des Ursulines est une salle d'exposition, tandis que le couvent accueille, entre autres, la CFDT et même la CGT !
Le pouvoir judificaire n'est pas en reste. L'ancien tribunal de justice sert maintenant de conservatoire de musique. Et ses jardins invitent à la flânerie.
J'ai aussi passé du temps à Servel, un petit bourg à l'ancienne autour de son église.
Le cimetière présente une curiosité : un chemin de croix extérieur. Sept oratoires forment un chemin de prières.
Les statues sont en bois, et datent de la fin du XVIIe siècle.
Non loin de là, déjà dans la campagne, une imposante fontaine au bord d'un petit chemin. Drôle de vision, une géante assez disgracieuse à mon avis. Mais, paradoxalement peut-être, elle est réputée pour soigner les maux ophtalmiques.