Pour le plaisir des yeux, des photos du jardin de la guesthouse où nous avons séjourné à Chiang Rai, Baanbua. De façon assez ironique, baanbua signifie la maison des nénuphars, alors que c'est peut-être la seule espèce qu'il n'y a pas dans le jardin.
La guesthouse est bien située, dans la rue Jedyot mais un peu à l'écart. Les prix sont très intéressants, 300 bahts pour les petites chambres, 400 pour les autres. Mais il y a un problème de taille : les moustiques. Impossible de profiter du jardin sans antimoustique.
Après une semaine très calme à Santisuk, nous avons retrouvé l'animation de Chiang Rai et rendu visite une géante qui manquait à notre carnet de voyage, la statue de Guan ying du temple Guay Pla Kang, à 6 km du centre.
Elle fait 40 mètres de haut, et est donc la plus grande statue de Guan Ying de Thaïlande. On peut aller jusqu'au sommet, ça ne coûte que 40 bahts. Et 4 jeunes gens saluent en chœur toutes les personnes qui entrent et sortent de l'ascenseur. Pour admirer la vue, on se glisse dans les yeux de la déesse.
L'architecture du temple est spéciale, elle mélange les styles thaïs et chinois. par exemple ici, ce sont des dragons qui gardent l'entrée, alors que dans la tradition thaïe ce sont des nagas (serpents).
Et à quel panthéon appartient ce dinosaure entouré de moutons et de citrouilles ?
Le temple est plus qu'un lieu de prière, c'est un complexe touristique. Mais avec une vocation sociale très affirmée : les produits sont vendus à bas prix. 20 bahts pour un plat ou un thé glacé, c'est moitié prix par rapport à Chiang Rai. (qui n'est déjà pas chère par rapport aux autres villes thaïes). Et les bénéfices servent à financer divers programmes dans la région. Ainsi, les enfants de l'école de Santisuk mangent du riz offert par le temple. Merci pour eux !
Nous sommes ici à une vingtaine de kilomètres de Santisuk, dans la province de Chiang Mai.
Mok Cham est un petit village tai yai. Les Tai yai, ce sont des Thaïs, mais d'une branche cousine des Thaïs de Thaïlande. En Birmanie on les appelle les Shans, dérivés du mot Siam. Mok Cham est situé dans la plaine, le long de la rivière Kok. Même si la distance avec Santisuk est faible, les différences sont grandes. C'est propret, bien entretenu. Les conditions géographiques font que la vie y est plus simple, le travail plus rémunérateur.
Le temple est très original avec ses toits bleus.
Les gardiens
Un pavillon au toit rouge, plus traditionnel
Les portraits des anciens chefs de village ou célébrités. Et regardez, une femme ! La deuxième ligne sous chaque portrait, c'est l'alphabet birman. Mais je pense que c'est écrit en tai yai.
Le village et le temple vus d'en haut.
En poursuivant la route, nous arrivons à un autre temple, Wat Mae Salak. Bleu lui aussi !
Un temple tai yai également ? C'est bien possible mais je ne peux pas l'affirmer.
C'est aussi la rivière Kok là derrière. Et la maisonnette à gauche c'est le logement d'un (ou plusieurs ?) petit moine.
Après la Malaisie, direction Santisuk, le village de John. Pas grand chose à raconter, il n'y a toujours pas beaucoup de distractions pour nous. Mais ça reste magnifique, et nous nous sommes baladés dans quelques endroits que nous ne connaissions pas encore.
En me baladant j'ai pu constater qu'il n'y a pratiquement plus d'élevages de cochons, les bâtiments sont à l'abandon. Il reste la récolte du latex et les cultures vivrières.
Regardez bien la photo, des gens sont en train de travailler dans la pente. Quel courage !
Le cousin de John, lui, construit un café en haut d'une colline. Lors de notre prochaine visite, nous pourrons aller y boire un verre.
Une nouveauté : un mémorial a été construit pour honorer la mémoire des soldats de l'armée nationaliste chinoise qui ont fondé le village.
Jeune padawan sur le chemin.
Juste avant sa coupe de cheveux. J'avais repéré un coiffeur moderne à Mae Chan, la ville d'à côté (30km quand même). Mais quand nous y sommes allés, il était fermé. Nous sommes donc allés chez le premier coiffeur que nous avons trouvé. Et c'était... local !
Mais à 40 bahts la coupe (un peu plus d'un euro), on ne va pas se plaindre ! Avait-il déjà coupé des cheveux si longs sur un adolescent, sachant que tous ceux qui vont à l'école doivent avoir les cheveux très courts ? Comme il n'a pas prononcé plus de 5 mots pendant la coupe, on ne le saura pas !
Ce jour-là nous avons aussi mangé le meilleur khao soi du voyage (curry typique du nord de la Thaïlande). Pendant ce temps-là, John avait filé au marché pour sa madeleine de Proust à lui : un autre curry (nam gnio) dont il se délectait quand, petit, il descendait en ville avec sa mère.
Avoir les cheveux courts s'est révélé bien pratique en simplifiant les shampooings quand les pluies diluviennes ont coupé le réseau d'eau de la maison. Heureusement qu'il y avait des réserves d'eau de pluie !
J'avais mis Batu cave sur ma liste des choses à jour à Kuala Lumpur dès le début de mes préparatifs.
Pour y aller, nous avons d'abord marché jusqu'à la gare "Bank Negara", nous arrêtant en chemin pour un petit déjeuner indien. Comme les distributeurs n'acceptaient que les cartes bancaires, nous sommes allés au guichet pour payer en espèces. Mais le préposé m'a dit que lui aussi ne prenaient que les cartes. Bon... Mais impossible de faire marcher son TPE. Donc retour au distributeur, avec la carte. Les espèces ça reste pratique, hein !
Le train nous a menés à une dizaine de kilomètres de là pour découvrir le site sacré, où on a construit un premier temple hindou dès 1891.
J'ai pu prendre cette photo sur le vif, avec ce bébé simba face à la statue de Murugan, le dieu de l'armée divine. Cet éternel ado serait le fils de Shiva et Parvati.
Il y avait beaucoup de monde, mais je pense que c'était une journée relativement calme pour ce site. Et il valait le déplacement !
Les incontournables bougies au beurre clarifié (ghee)
Je ne me lasse pas de ces couleurs vives.
En sortant, nous nous sommes laissés tenter par des pâtisseries indiennes. Pas mauvaises mais on est loin de la haute gastronomie !
Au retour, nous nous sommes arrêtés dans le même restaurant. La photo ne rend pas vraiment hommage au goût, c'était délicieux. Surtout les pommes de terre aux oignons et curry dans le bol au milieu à gauche.
Le soir, nous sommes retournés au centre-ville. Le nom d'un sandwich avait attiré notre attention depuis notre arrivée : le roti John. J'en ai donc commandé un. C'est donc un très long pain mou et sucré garni d'une omelette, de fromage et de sauce type Sriracha. Très gras et dégoulinant, et trop sucré à mon goût, mais pas mal pour un samedi soir.
Le but de la sortie c'était le pont Saloma, ses lumières changeantes et la vue sur les tours Petronas.
Et un dernier salut aux Petronas et, plus largement à Kuala Lumpur. Nous nous sommes sentis très bien dans cette ville plus propre et organisée que Bangkok Au moins dans l'hypercentre puisque, à part Batu Cave, nous n'en sommes pas sortis.
Pour les Journées du patrimoine, nous avons participé à une visite de l'hôpital Morvan, guidés par un ancien docteur et un architecte.
Brest intra-muros avait un hôpital déjà considéré comme ancien à la fin du XIXe siècle. Sous l'impulsion du maire Victor Le Gorgeu, on décide d'en construire un nouveau. Un gros projet : 904 lits, 99 berceaux. Sur le terrain choisi, appelé le fort des Fédérés, il y avait alors notamment le célèbre vélodrome de Kerabecam. Les architectes choisis, Raymond Lopez et Raymond Gravereaux, ne tenaient pas la corde au départ. Mais le maire, issu du parti Gauche démocratique a écarté la candidature d'Olivier Mordrelle, fondateur du Parti Nationaliste Breton, puis collabo. Le Gorgeu lui a résisté et figure parmi les 80 parlementaires ayant refusé d'accorder les pleins pouvoirs à Pétain
La construction a commencé en 1937.
Elle n'était pas terminée en 1939, ce qui n'a pas empêché les Alliés, puis les Allemands, de l'occuper.
5 blockhaus parsèment le site, en voici un qui servait pour loger les marins allemands.
Les bâtiments sont en béton, auquel on a mélangé du granit rose.
Les toits sont en cuivre.
Voici le bâtiment 3 où je suis née. Les architectes avaient prévu que les chambres soient de ce côté-ci, mieux exposé. Il devait aussi y avoir un patio où les patients pourraient prendre l'air à l'abri des vents dominants.
Un réseau de souterrains relie les différents bâtiments.
On raconte que ces empreintes sont allemandes (en bas à gauche). Celui qui a marché sur un sol pas sec a dû se faire réprimander !
Le clou du spectacle, la vue depuis la terrasse de la directrice.
A la place de la fac, la BU, le terrain de sport, la piscine, il y avait autrefois une coulée verte, appelée Le bois de Boulogne, qui reliait le cours d'Ajot à ce qui est maintenant la place Albert 1er. N'en subsistentque les jardins Juin et Kennedy.
Et de qui l'hôpital porte le nom ? Augustin Morvan n'est sans doute pas de ma famille puisqu'il était originaire du nord Finistère. Né à Lannilis en 1817, ce fils d'agriculteur a fait des études de médecine à Brest à Paris. Installé comme médecin dans sa ville natale, il en est devenu maire en 1857. Il a aussi été conseiller général et député. Il était connu pour venir en aide aux pauvres, en particulier les enfants et leurs mères (y compris celles dont personne ne voulait, les filles-mères) et a laissé son nom à la loi Morvan-Roussel sur la protection de l'enfance malheureuse. Malheureusement son action humaniste était mal considérée par l'Eglise et une partie de la population de ce Léon très catholique. Il a donc fini par perdre ses mandats. Parallèlement à la politique, il a fait de la recherche médicale, s'intéressant notamment au myxoedème, appelé maladie de Morvan, liée à l'hypothyroïdie.
Pour la petite histoire, une de ses petites-gilles, Edith Follet a été mariée 7 ans avec Louis-Ferdinand Céline.
Un médecin a proposé son nom au début des années 50, et l'hôpital s'appelle ainsi depuis son inauguration en 1953.
La religion majoritaire en Malaisie c'est l'islam (environ les 2/3 de la population, les Malais). On y trouve aussi de nombreux bouddhistes, issus de la communauté chinoise (Environ 18%), des chrétiens et des hindous, pour ne parler que des religions majoritaires.
Kuala Lumpur se distingue par une très forte proportion de Malaisiens d'origine chinoise, ce qui augmente la part du bouddhisme (32%). Rien de surprenant à ce qu'on y ait construit un des plus grand temple d'Asie du sud-est, Thean Hou.
Impressionnant, non ?
Sa construction a commencé en 1981 et s'est achevée en 1987. Il est dédié en particulier aux déesses Mazu (ci-dessous) et Guanying.
Magnifique plafond sculpté
Pour nous y rendre, et pour en repartir, nous avons utilisé Grab (Uber). Le système de bus nécessite l'utilisation d'une appli, on ne peut pas payer directement au chauffeur. Un peu dommage pour les voyageurs occasionnels. Nous avons donc utilisé uniquement le métro, Grab et nos pieds.
Notre chauffeur Grab nous a donc conduit à la Dataran Merdaka, la place de l'indépendance. Et là aussi l'architecture nous en a mis plein les yeux. Le Bangunan Sultan Abdul Samad a été construit à la toute fin du XIXe siècle et porte le nom du sultan du Selangor (le nom d'un état) de l'époque. Malgré son nom et son style, il a été construit par l'administration coloniale britannique par un architecte anglais, Arthur Charles Norman (né à Plymouth, la ville jumelle de Brest).
Un palais des mille et une nuits, qui abrite aujourd'hui le Ministère de l'Information, de la Communication et de la Culture.
Une fête culturelle s'y préparait justement. Je me suis prêtée au jeu des photos locales, tout en ayant de la peine pour les gens qui se cachaient sous les mascottes, il faisait vraiment très chaud !
Un petit point sur la différence entre "malais" et "malaisien" ? "malaisien" désigne toutes les personnes qui ont la nationalité de la Malaisie. "malais" est plus restrictif, il s'applique uniquement aux personnes de la communauté malaise, qui doivent être musulmanes. On peut donc être malais et malaisien, mais les Malaisiens d'origine chinoise ou indienne ne sont pas malais. Si un couple mixte a un enfant, il choisit dans quelle communauté il veut l'inscrire officiellement. C'est important parce que les Malais bénéficient de privilèges par rapport aux autres, pour les places à l'université, les postes dans la fonction publique, ou encore le montant des prêts bancaires !
Je viens seulement d'apprendre que Kuala Lumpur n'est plus la capitale administrative de la Malaisie depuis 1999. C'est maintenant Putrajaya, à 20km au sud. Mais elle continue à abriter le parlement et la résidence royale. Et Putrajaya est loin de lui faire de l'ombre : 2 millions d'habitants contre 110 000 (en 2020), le match est plié.
Kuala Lumpur s'est développé grâce aux mines d'étain, exploitées à partir du milieu du XIXe siècle. Avant ça, il n'y avait que la jungle et les moustiques. Kuala Lumpur signifie d'ailleurs "confluent boueux". Il faut dire qu'avec de la pluie tous les deux jours toute l'année en moyenne, et 2847mm de précipitations annuelles (Brest : 1229 "seulement"), la terre n'a pas vraiment le temps de sécher.
Après un plongeon matinal, pour échapper à la foule et aux rayons du soleil, nous voilà en route pour les tours Petronas.
Au moment de leur inauguration en 1998, elles étaient les plus hautes du monde (452m, 88 étages). On y trouve, bien sûr, les bureaux du géant pétrolier Petronas, mais aussi des boutiques de luxe, une salle de concert, une mosquée...
A leurs pieds, un joli parc., KLCC.
Ensuite, nous avons pris le métro pour Chinatown. Première étape, le temple hindou Sri Maha Mariamman. Les offrandes d'abord.
On reconnaît Ganesh ici, mais pour le reste ne me demandez rien, mes connaissances en hindouisme sont faibles !
Chinatown est surtout un grand centre commercial à ciel ouvert. Pas hyper intéressant pour moi, nous ne nous sommes pas attardés.
Heureusement il y avait aussi quelques façades intéressantes.
Et la tour Merdeka 118 n'est pas loin.
Nous avons donc poussé jusque là.
Elle mesure précisément 678,9m avec la flèche. Le dernier étage culmine, lui, à 525m, ce qui est déjà pas mal. Elle a coûté 1,25 milliards de dollars. Elle n'est pas tout à fait terminée, mais on peut déjà séjourner à l'hôtel Wyatt (étages 75 à 112). 118, c'est bien sûr le nombre d'étages. Et Merdeka signifie indépendance.
Vous imaginez le coût de la clim rien que pour ce hall d'entrée ?
La première chose que nous avons faites après avoir pris possession de notre studio à Kuala Lumpur, c'est de monter sur le toit de notre immeuble pour admirer la piscine et la vue. C'est à la faveur de l'annulation de ma première réservation par le propriétaire que nous avons pu bénéficier de cette résidence moderne et hyper bien placée (Ceylonz Suites) : AirBnb m'a donné un peu d'argent supplémentaire pour pouvoir nous reloger. Nous étions donc au coeur de KL avec une vue dégagée sur plusieurs bâtiments emblématiques.
La tour de télé (Menara Kuala Lumpur) et les Petronas plus loin (on n'en voit qu'une ici, le bâtiment le plus haut à l'arrière plan).
La Merdeka 118, plus haute tour de KL.
Ensuite, nous sommes allés jusqu'à la Merdeka Kuala Lumpur. Elle fait 421 m de haut et a été inaugurée en 1996.
La tour est construite sur une colline (Bukit Nanas - la colline des ananas) entourée par une réserve forestière, la seule forêt urbaine tropicale de la ville. Malheureusement nous n'avons pas pu y entrer ce jour-là à cause de la météo. Et ensuite, nous avons fait autre chose.
Le soir, nous sommes remontés sur le toit pour admirer les lumières.
Judikael voulait inclure un peu de plage dans notre voyage. Comme ce n'est pas notre priorité, j'ai cherché une destination qui ne nous prendrait pas trop de temps. J'ai donc fait une croix sur les belles îles aux eaux turquoises et nous avons passé 2 nuits à Port Dickson, à 80km au nord de Malacca. Je me doutais bien que ce ne serait pas un endroit magnifique, mais ça a constitué une étape de repos pour nous.
J'avais loué un petit appartement dans cette résidence les pieds dans l'eau. Finalement, l'eau en question n'était pas très propre, donc nous avons surtout utilisé la piscine.
Comme son nom le suggère, Port Dickson a été fondé par les Britanniques. En malais il s'appelait Arang, qui veut dire "charbon". Maintenant on l'appelle plus communément PD. Il compte environ 130 000 habitants. C'est une station balnéaire, mais aussi un site industriel (raffinage de pétrole notamment). On le voit bien sur cette photo prise de notre balcon.
En choisissant son angle de prise de vue soigneusement, on peut faire de belles photos, mais globalement ce n'est pas la destination malaise de référence.
Une petite partie du littoral est constitué de mangrove, elle a été joliment mise en valeur.
La résidence où nous logions annonce sur son site internet qu'elle accueille un site de recherche sur les tortues, qui pondent à Port Dickson. Je ne l'ai pas trouvé, il n'y avait qu'un petit bassin avec quelques tortues. Pas sûr qu'elles y soient très heureuses.
Pour tous nos déplacements nous avons utilisé le service Grab (comme Uber), vraiment très utile : nous n'avons jamais attendu plus de 7 minutes et le coût de la course est vraiment minime.
Vous l'aurez compris, pas une étape incontournable de notre séjour, mais on en gardera un bon souvenir. Je vous laisse, je vais pêcher le soleil.